Pak Wan-seo est née en 1931 dans un village désormais en Corée du Nord. Elle commence des études de littérature à l’université nationale de Séoul, interrompues par la guerre de Corée qui va diviser sa famille : son frère cadet est tué, sa mère et son frère aîné amenés de force au Nord. Elle ne fait ses débuts comme écrivain qu’assez tardivement, avec la sortie en 1970 de son premier ouvrage, L’Arbre nu. Depuis elle accumule les prix littéraires les plus prestigieux : en 1981, le prix Yi Sang récompense Les Piquets de ma mère, un récit poignant d’une jeune fille et de sa mère dans le Séoul de l’après-guerre. Elle recevra encore les prix Korean Literature Award en 1990 et Dong-in en 1994. Pak Wan-seo est décédée en 2011 des suites d’un cancer.

En une quinzaine de romans et une centaine de textes courts, elle a construit une œuvre exigeante, portant un regard sans complaisance sur la société coréenne contemporaine. Auteur engagé critiquant âprement le sort réservé aux femmes en Corée et la classe moyenne dans son ensemble, elle ne tombe pourtant pas dans les pièges du roman à thèse. Une empathie teintée d’humour apporte aux personnages une épaisseur existentielle tout en évitant l’humanisme béat ou le cynisme. Ses textes, complexes dans leur propos derrière l’apparente fluidité du récit, se lisent à plusieurs niveaux, et quoique très ancrés dans la réalité historique et sociale coréenne, ils possèdent tous une dimension universelle qui les rend inoubliables. Injustement méconnue en France, Pak Wan-seo est un auteur majeur qui doit être absolument découverte.

Parmi ses œuvres les plus connues : Les Piquets de ma mère (1981, publié en français), Cet hiver était vraiment doux (1983), Est-il toujours en train de rêver ? (1989), Illusion (1990), Qui a mangé tout le singa ? (1992). Ce dernier, récit autobiographique bientôt publié à l’Atelier des Cahiers, s’est vendu en Corée du Sud à 1,5 million d’exemplaires.