Numéro 2 – avril 2012

Villes réelles / Villes rêvées

« L’utopie est étymologiquement le « sans-lieu », la société idéale qui n’a pas encore trouvé de lieu dans le monde réel. Pourtant l’histoire de l’utopie sociale en tant que théorie de la cité idéale est intrinsèquement liée à celle de la ville comme inscription spatiale de cette théorie. La pensée séminale de Fourier est inséparable de sa réflexion très concrète sur l’architecture, l’habitat et l’urbanisme.
De fait, la ville est, au moins depuis le XIXe siècle, le lieu par excellence où se déploie le mieux l’utopie, car elle rassemble autant les hommes qu’elle symbolise les états, les systèmes, les échanges qui les lient. Il n’est pas de proposition urbanistique qui ne soit politique, qui ne porte une vision du monde, un souhait de bien-vivre ensemble – un rêve de l’homme. L’urbaniste et l’architecte, autrefois techniciens ignorés, sont devenus des stars qui vaticinent sur notre avenir et à qui l’on demande de nous apporter le rêve que les grandes idéologies ont échoué à nous apporter. Pour les pays engagés dans la mondialisation, il n’est plus possible d’ignorer cet appel. Toutes les grandes villes du monde se doivent de suivre ce nouveau mot d’ordre et de rendre l’utopie urbanistique réelle. Il y a donc une nouvelle pragmatique de la ville qui cherche à transiger entre cet idéal appelé par les philosophes et les citoyens, et les réalités économiques, démographiques et politiques.

Qu’en est-il en Asie de l’Est de cet idéal et de cette réalité de la ville, et comment la littérature, les sciences humaines et sociales, les urbanistes ou les architectes peuvent-elles les penser et les imaginer ? C’est à ce bilan provisoire que le prochain numéro de Croisements vous appelle et vous invite. »

Nouvelle limite d'envoi des propositions d'article : le 15 novembre 2011
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