Pour visionner l'album de photos "Pyongyang : une scénographie sans faille?", suivre le lien : http://issuu.com/lightmediation/docs/pyongyang___a_flawless_scenography?mode=embed&documentId=081022182637-74d66b258b584e949c28f092964d384e&layout=grey

Présentation:

Pyongyang : une scénographie sans faille ?

Une nouvelle perspective sur la Corée du Nord, le pays le moins visité au monde.

Depuis plus de 50 ans, la Corée du Nord est l’une des nations les plus opaques de la planète. Entre 1950 et 1953, sa capitale, Pyongyang, a été détruite par la guerre, laissant le champ libre  à la dictature de Kim Il-Sung pour exprimer sa vision du monde. De nos jours, en dépit du déclin industriel, de la famine et de l’appauvrissement général de sa population, la ville reste propre, ordonnée et épargnée par la circulation et les bidonvilles qui défigurent la majorité des autres grandes villes asiatiques. Par contre, la nuit, c’est une sensation étrange de plonger son regard dans une ville pratiquement obscure et muette…

Des bâtiments massifs mais espacés, des avenues larges et immaculées, une circulation excessivement fluide, quelques posters colorés mais une absence notoire d’affichage publicitaire, une population discrète, distante et occupée, un silence contenu, à peine perturbé par de lointaines clameurs d’enfants qui répètent une chorégraphie… Le chauffeur a coupé le moteur pour mieux profiter de son élan dans une courte descente. Le nez collé à la vitre du bus, on ne fait pas attention à ce détail, trop absorbé à décrypter le paysage aseptisé qui défile sous nos yeux… C’est une évidence, cette capitale d’« état voyou » n’agresse pas le visiteur…

Qualifier le voyage en Corée du Nord d’« hors des sentiers battus » est plus qu’un euphémisme. L’isolationnisme maladif du régime au pouvoir promet au visiteur intrépide de vivre une expérience saisissante de remontée du temps, jusqu’aux heures les plus chaudes de la Guerre Froide.

En dépit de la sombre réputation de la République Populaire Démocratique de Corée sur la scène diplomatique internationale, le pays accueille annuellement près de 2000 touristes occidentaux. Bien que soumis à de nombreuses restrictions ainsi qu’à un encadrement de tous les instants, le voyage à Pyongyang, vitrine d’un régime que l’on dit aux abois et qui ne tolère aucun écart idéologique, reste une aventure unique, plutôt confortable et sans risque pour le visiteur résolu à respecter les règles du jeu…

Seuls ceux qui se déclarent officiellement journalistes ou photographes se verront systématiquement refuser un visa… Malgré tout, nombreuses sont les occasions de lire entre les lignes du discours officiel…

Les visites sont menées tambour battant ; elles se décomposent en deux grandes catégories : les monuments entièrement dédiés à la gloire de l’idéologie officielle et les sites censés attester du bon fonctionnement d’une société modèle (métro, écoles modèles, parcs, bibliothèques, studios de cinéma…) Le véritable plaisir d’une visite de Pyongyang vient en fait de la remise en question de cette mise en scène à la réussite surréaliste.

Lors des visites, dédiées à l’ « indiscutable gloire » du régime, les guides ne ménagent pas leur peine pour faire l’apologie du régime. Prêter une oreille attentive et poser des questions compatissantes permet de gagner leur confiance. C’est ainsi qu’on peut obtenir l’autorisation de marcher entre les sites au programme ou se laisser légèrement distancé sans générer trop d’inquiétude : seules opportunités pour croiser le regard des habitants, acteurs anonymes et involontaires de cette fable urbaine.

Vincent Prévost, mars 2008

Biographie

Voyageur infatigable et enseignant de Français Langue Etrangère en Corée du Sud depuis 2002, Vincent Prévost est aussi un photographe indépendant qui explore les rapports entre la photographie d’art et le journalisme.

Photographe exigeant, il porte un regard humaniste sur les cultures qu’il rencontre. Grâce à sa maîtrise de la chaîne numérique en reportage et devant l’ordinateur, il souligne les aspects esthétiques de la diversité des cultures et des paysages. Ses images témoignent de son attachement aux valeurs pédagogiques de la photographie de reportage.

Du Tibet à la Sibérie, en passant par l’Inde, l’Océanie et bien sûr la Corée, ses objectifs ouvrent des perspectives détaillées sur les singularités des civilisations aux antipodes de nos codes occidentaux. Ses images constituent ainsi une invitation à se plonger dans une réalité parfois lointaine, souvent ignorée.

Ses images se distinguent par une combinaison de couleurs vives et des compositions d’une apparente simplicité, tandis que son plus grand plaisir est d’inciter les gens à partir découvrir le monde par eux-mêmes.

La majorité de sa production est en couleur mais il apprécie toujours la subtilité du noir et blanc qui lui rappelle ses débuts dans la chambre noire. Depuis 2006, il enregistre également les ambiances sonores afin d’apporter une nouvelle dimension à ses images.

Comme on peut le constater dans ses galeries photographiques en ligne, sa passion pour l’art de créer des images évocatrices l’a conduit à explorer de nombreux sujets et des techniques toujours plus poussées :

www.pvince.net
www.flickr.com/photos/28421453@N07/sets

Pour arriver à ce résultat il dispose d’un équipement optique de grande qualité et ne cesse de se former aux nouvelles techniques de l’imagerie numérique. Il apprécie tout particulièrement l’efficacité des réflexes numériques plein-format combinée à la précision des objectifs de grande ouverture. Ses reportages les plus récents montrent une prédilection pour une faible profondeur de champs, les poses longues et les compositions panoramiques de grand format. Dans le labo numérique, il se concentre sur la qualité du rendu de ses fichiers RAW dont il contrôle parfaitement la conversion, la résolution, la balance des blancs, le grain et la netteté.

Ses images sont distribuées par www.lightmediation.net/blog